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Il serait arrivé en Auvergne sans même chercher la terre promise, par nécessité. Il disait que l'énumération de frontières traversées ne suffisait pas à conter la profondeur d'un exil. Il lui fallait désormais accepter l'évidence qu'une civilisation puisse s'achever, non pas ensevelie sous le linceul des siècles et des sédiments, mais ruinée par le manque d'attention. Ou banalement victime du conflit entre la vitesse et la lenteur. L'accident se serait déroulé devant ses yeux.

Hier encore, il ressentait la complicité du temps, vagabond des chemins de halage, séducteur endimanché des pistes de danses, mélomane averti de la tendresse des nuits, cueilleur d'amours qui ne faneraient pas dès la fin de l'été. Cette culture, sensible et prudente, n'avait pas attendu son passage à l'âge adulte pour rompre, plier bagages, céder la place. Il l'aurait alors cherchée ailleurs, convaincu qu'il existe encore, à distance raisonnable des frénésies productivistes, des sociétés, certes enclavées par un relief, des hivers, des traditions, mais guidées par une rythmique foncièrement plus lente. Il n'était en rien tenté par le retour à la terre chanté par les désenchantés des villes. Ses mains campagnardes connaissaient déjà le moelleux des sillons et le pelage des chèvres. Ce qu'il convoitait, c'était l'accès au langage authentique des pierres, aux ponctuations colorées des mousses sur les murs, aux expressions d'une humanité sincère dans les rues d'un village retrouvé.

L'Auvergne. Il aurait parcouru les chemins d'Auvergne avec avidité, comme on relit le chapitre tant aimé d'un livre sur sa propre société. Il eut d'emblée l'impression que ce pays lui offrait la possibilité de revenir quelques pages en arrière, comme par enchantement, dans la narration de son histoire, de s'installer dans le temps qui lui convenait. Les villages de la Limagne et du Lembron sortaient épuisés d'une lutte séculaire contre le vent et les étés brûlants. Ils ressemblaient à des enclos fortifiés de pierres épaisses et noires, perchés sur des buttes volcaniques, pour mieux repousser les assauts en tous genres et prouver la résistance des natifs dont ils enserraient les destins de génération en génération. Il se dégageait de l'habitat un caractère opiniâtre, presque recroquevillé sur des valeurs d'économie, de solidité, de labeur sans loisirs, tandis que le paysage aux champs bien dessinés, élégamment déployés, assurait le spectacle et compensait la retenue ambiante par ses qualités de générosité. Il fut touché par cette union de la modestie et de la majesté qui pouvait expliquer la fidélité de l'Auvergne aux splendeurs primitives de l'art roman. Le Moyen Age avait laissé un peu partout des ruines qui, ajoutées à l'endormissement des bourgs pour cause d'exode, imprégnaient d'amertume l'atmosphère trop calme. Il saurait goûter cette nostalgie.

Il aurait voulu acheter toutes les maisons en souffrance, gravir ces escaliers de guingois qui menaient à tant de portes fermées. Il se serait installé ici tout de suite, à Vodable, Dauzat, Tourzel, Chadeleuf ou à Neschers qui abritait encore des demeures troglodytes ; le lendemain à Mareugheol, dans cet autre village frileux organisé comme un labyrinthe autour de son admirable église. Il se voyait redresseur de murs, envisageait son retour à la pierre au moment où les enfants barbus des cités fuyaient plus au sud la société de consommation, marâtre abusive. Il élut en définitive une bâtisse riche en voûtes, en caves et recoins, en charmes discrets, en marches usées et avenantes, et il se mit à enquêter sur les objets qui lui correspondaient.

C'est ainsi qu'il se serait retrouvé en chine, à arpenter les territoires de l'aube où l'on prend goût aux vestiges d'hier. Un jour, il traversa la frontière, rejoignit la tribu semi-nomade des brocanteurs, apprit leur langage, juste pour avoir accès à l'intimité de lieux endormis. L'ouverture d'une maison éteinte le remplissait d'une vive émotion, celle des fouilles. Toutefois, ce n'était pas là un puzzle antique qui livrait ses pièces, mais une civilisation encore vivante au temps de son enfance qui implorait le regard pour jouir d'une prolongation. La porte poussée, un rai de lumière se posait sur de vieilles hardes accrochées au porte-manteau, cognait un pot ; la poussière dansait dans le silence humide d'une partition achevée. Tout était en place, seuls manquaient les gens rugueux et courageux dont ces accumulations trahissaient le caractère.

Parfois il se trouvait là, oisif, quand la camionnette de son ami sicilien, une vieille goélette Saviem, rentrait au port, riche d'un butin ravi aux profondeurs de l'oubli. Andréa déversait dans sa cour d'hétéroclites patrimoines aux forts parfums de souillardes et de greniers : une armoire bancale, un berceau d'enfant, un moulin à café du XVIIè renversé dans une corbeille, un coffre et ses drapsS Dans le tiroir d'une table rayée par mille découpes, se frottaient bouchons, carnets et lettres, du papier aluminium de tablettes de chocolat, des images de collection et la photo d'un pape ancien. Andréa souriait et rêvait. Sur l'herbe, baillait une cuvette émaillée, languissaient des clés à molette, un jupon de soie noire, la veste des dimanches périmés, un chapeau sévère. Une étrange beauté émanait de cette confusion révélatrice d'une humanité ancrée dans le concret, peu encline à la frivolité.

Souvent, dans l'inventaire, se distinguaient un cuvier, un mélard, une buire, une cruche, des pichets, tous objets de terre et de rien, déjà réformés depuis qu'une guerre, la dernière ou l'avant-dernière, avait chamboulé les usages. Ils avaient été abandonnés, mais pas exclus, après l'avènement du seau et de la lessiveuse métalliques, de la cuvette en plastique, de la bouteille d'huile consignée. Le potier lui-même avait jeté sa dernière poignée de glaise et fermé l'atelier. Mais le penchant local pour l'épargne les avait sauvés d'une mort certaine en vertu d'une sagesse qui veut qu'une chose créée puisse toujours resservir. Tous ces contenants de la même famille et leurs cognats, faisselles, grands plats, jattes à larges bords, gisaient dans des zones d'ombre, maculés d'huile et de poussière, dépréciés. Parfois, pour tacher un mur gris de sang de géranium ou d'éclat de pétunias, une buire était hissée au soleil, bourrée de terre jusqu'à la gueule, livrée aux intempéries. Mais seule la fleur était à l'honneur, pas elle. Un gel précoce la faisait éclater, un cercle de fer suffisait à la rafistoler. Plus personne ne considérait ces poteries victimes de modestie.

Il aurait remarqué un petit cuvier, arrivé par hasard dans la cour d'Andréa, lippu, malformé, tordu à la cuisson, plus beau que les autres. Il aurait été touché par une grâce qu'il ne s'expliqua pas tout de suite. Il voulut le garder. Il repèrerait ce désir comme l'acte de naissance de sa passion. Andréa aurait promis alors de lui offrir l'Auvergne, s'il voulait sincèrement approcher ses terres, domestiquer ses pots. Il jura, la main posée sur le col ébréché du petit cuvier. Il perçut très vite une singularité dans chacune des pièces qu'il découvrait ou acquérait : objets sans décor sinon les lignes de renforts commandés par la nécessité, pots ventrus, costauds, loqueteux, au revêtement d'émail écaillé, scrofuleux, couverts de croûtes d'huile, blessés, tantôt amputés d'une anse, privés d'un bec, tantôt orphelins d'un lobe. Il les trouvait simples et magnifiques comme les monuments simples et sublimes de la région, comme les maisons dont il était tombé amoureux, comme les gens de ce terroir qui, derrière une croûte de manières rudes, dissimulaient une âme fiable et volontaire.

Il les aurait entassés dans sa cave, noyés dans la masse ; l'accumulation participait à l'envoûtement. Les pots s'harmonisaient avec les murs griffés par l'humidité, les portes burinées, le sol raboté, la table crevassée, la lumière parcimonieuse. C'était la même chanson des siècles qu'ils interprétaient ensemble. Les buires, bouches bées comme des pavillons de trompettes, tonitruaient dans le silence. Il lui suffisait de descendre dans sa crypte pour jouir de l'évidence du trésor. Les mélards au confortable embompoint se rudoyaient, se vautraient les uns, bien assis, sur les autres, basculés comme des poussahs. "L'extravagance est dans l'ensemble, la sagesse dans l'individu." : il se serait souvenu qu'Alexandre Vialatte décrivait ainsi le caractère de son Auvergne Absolue. Il aurait volontiers appliqué cette définition à sa horde de pots dotés d'une irrésistible bonhommie. Il était en train d'exhumer une richesse inestimable de l'Auvergne Absolue, il en prenait vraiment conscience. Cette archéologie intuitive lui allait enfin, elle lui livrait des ustensiles issus d'un contexte qui n'avait pas tout à fait rendu l'âme. En les palpant, il retrouvait l'efficacité fonctionnelle du façonneur ; en les caressant, il lisait leur loyauté sans faille à un rôle bien établi à travers les décennies ; en les soulevant, il mesurait la pesanteur des tâches domestiques. Parfois, il trouvait des nippes, des blouses balancées au fond d'un cuvier, indiquant que la prochaine lessive, fixée à Pâques ou à la Toussaint, avait été repoussée d'une éternité. La plupart des mélards exhalait la senteur de noix écrasées, souvent de l'huile y macérait encore. Ces odeurs lui donnaient accès à avant-hier, une période comprise entre la fin du Moyen Age et celle de son enfance.

Ce que son œil et son odorat captaient, il n'aurait pas voulu en tiédir la saveur par des investigations savantes. Son plaisir se passait de datations ou de localisations trop précises. Il faisait confiance à sa sensibilité pour cheminer jusqu'à la ferme du potier d'antan : il imaginait, dans la région de Lezoux, des ateliers familiaux et non pas de vastes fabriques pourvues de vingt exécutants attelés à leur tour. La période où Lezoux la Romaine alimentait l'Empire était révolue depuis une cohorte de siècles. La Limagne, digne terre d'argile, respectait sa vocation, mais sans orgueil ; la producion limitée ne fuyait plus au-delà des marchés environnants. L'innovation ne faisait pas rage, on s'en tenait à l'usage ; et le geste du potier instauré par une nuit des temps avait satisfait les besoins de longues lignées de maîtres et de métayers grâce à une patiente transmission. Il pensait que ce geste, parvenu intact à l'orée des grandes mutations industrielles, provenait d'une époque où l'on s'attachait à donner de l'excellence même à la fabrication d'objets communs. Le vulgaire vibrait d'une beauté naturelle, et il ne fallait pas moins d'une vie entière pour prétendre à la plénitude d'une création aussi juste qu'une buire d'Auvergne. A trois ans, calculait-il, l'enfant à peine dégrossi devait déjà malaxer la terre ; à sept, façonner les anses ; à douze, se hisser sur le tabouret de tourneur, soumis à l'attention des parents, aux corrections perpétuelles. Vieillard encore, le potier broyait sans doute l'oxyde de plomb dans des meules en pierre pour ôter à l'âge l'envie de le broyer facilement. Il savait aussi qu'à Bort-l'Étang, les paysans avaient coutume de malaxer eux-mêmes l'argile dans leurs caves ou souillardes, de confectionner des pots qu'ils cuisaient à dates fixées dans le four banal du village. Ces fournées accouchaient de terres noires, frustes et aimables, aux formes diversifiées, du pichet ovoïdal à l'abreuvoir pour colombes, et suscitaient des fêtes. Fêtes dignes de Breughel, de fort manger et de boire sans trève, juste en l'honneur de pots ! Il ne pouvait qu'estimer une société qui danse et fait ripaille pour célébrer une alliance de la terre et de l'homme, une société pétrie de respect pour ce qui l'aide à survivre. Il saluait enfin ces gens qui, conscients de sa valeur, appelaient un porc "Monsieur Cochon" avant de l'estourbir, le dépecer et le répartir dans les volumineux saloirs gonflés eux aussi par un potier.

Il aurait conclu un pacte avec lui-même : il ne s'engageait pas dans une addition de pots, mais de gestes. Il ne voulait surtout pas pétrifier sa passion dans une frénésie de l'avoir. Non. Ces objets lui permettaient d'instaurer un culte personnel à des ancêtres anonymes. Il leur conférait la même dignité qu'aux tablettes d'argile qui établissaient pour l'éternité les besoins matériels de la garnison de Sumer ou la quête d'immortalité de son roi. Une preuve supplémentaire de la grandeur de l'homme. Ces œuvres paysannes tenaient les comptes d'un savoir-vivre ; elles l'aidaient à lutter contre le désenchantement du monde. L'époque, à laquelle il tentait d'échapper par l'exil, préférait la vulgarité des potiers du verbe qui pétrissaient la pâte de mots sans exigence et servaient sur le grand marché de la communication des contenants vides de sens, fêlés, sans fonds. Il serait, à l'opposé, éveilleur de sensations, traducteur d'un message de beauté écrit dans une langue rugueuse ; il s'instituait allumeur d'extases. Les termes ne lui parassaient pas trop emphatiques ; il avait constaté des dizaines de fois la modification des regards en présence des pots, la tombée du silence devant l'amoncellement des mélards, le besoin de recueillement face à une buire isolée sur une marche de pierre. Quand un spectateur curieux tendait la main vers une anse, s'opérait alors une transfusion quasi magique de l'époque de production et des lieux d'usages, une invitation à rêver, un authentique acte d'amour.

Il sait aujourd'hui qu'il est responsable de fulgurantes passions, qu'il a enflammé de désirs des âmes encore bercées par l'enfance et avides de reconstituer des salles au trésor, des cavernes de contes merveilleux. Il aurait été l'explorateur ; des amis rares mais en nombre suffisant suivaient ses aventures à la trace, de châteaux en greniers, de foires en mansardes, attendaient chaque nouveau chapitre en lecteurs assidus de ses découvertes. Pour lui d'abord, pour eux aussi, il écrivait une histoire qui débordait les limites de l'Auvergne, s'étalait largement sur le sud-ouest de la France, Saintonge, Périgord, Quercy, Aveyron, recouvrait l'homogénéité occitane. En effet, les poteries de ce grand ensemble cousinaient, par les formes, les fonctions, les modes de fabrication. Elles avaient un air de famille, même si celles d'Auvergne se distinguaient par l'absence de fioritures, une dévotion complète à la cause domestique. Et en définitive, c'était cette beauté sans fard qui le captivait : il s'efforçait d'expliquer aux autres, à ses proches, les discrètes vertus de leur esthétique. Il dut même argumenter quand il refusa de les nettoyer après les avoir ex-caver ; les réactions furent vives.

Au commencement, il avait senti la nécessité de les laver, de les approprier, au risque de contrarier leur témoignage. Il était influencé par le goût commun qui aimait l'odeur de cire, l'armoire qui brille, la cruche à l'émail luisant, le pichet propre. Il aurait vite réalisé que la lessive arrachait la vie à ses poteries, gommait la résonnance des foires et des cuvages. De pièces uniques et à conviction, chargées de faits et gestes, obstruées par un chiffon, un bout de liège ou un tesson, elles redevenaient pièces de série ; elles rentraient dans le rang, s'agrégeaient à la grappe. C'était comme si l'on effaçait leurs dépositions. Il insistait même sur cette petite buire bancale, mal née, cause de dépit pour le potier qui l'avait ratée, l'avait pourtant rajoutée au dernier moment sur la charrette, se disant qu'il la vendrait toujours à un pauvre. Il jubilait : C'est ce pot de rien que je tiens dans mes mains, un pot soldé qui nous arrive dans sa gangue d'huile et de paille ; il doit sa survie à un nécessiteux incapable de s'offrir un vrai pot ! Celle-ci, miracle de la pauvreté, il ne la laverait pour rien au monde, ce serait la faire taire et elle était bien trop bavarde.

Il estimait à une centaine le nombre de poteries dont il pouvait parler. Celles-ci, il les connaissait par cœur, appréciait leur caractère particulier. Il pouvait par un continu discours de louange, pérenniser leur mémoire. Voici ce qu'il rapporterait de l'une d'elles : c'était à Vic-le-Comte, ville spiralée, toute en ruelles, venelles, passages et impasses. Il y avait un petit bout de maison et son infime cour coincées entre les gros murs de bâtisses qui ne lui faisaient pas de quartier. Cette façade étiolée présentait une fenêtre gothique ; l'encadrement jaune des pierres attirait l'œil. Un maigre sureau luttait à forces inégales contre les parois mitoyennes. Il jeta un regard par dessus le portail en bois : la buire était là parmi les bassines pour les poules. On avait balancé des tuiles du toit ; elle avait reçu coups et blessures en toute indifférence. C'était pourtant une pure merveille, bombée mais légère, vêtue d'un émail orangé sans lourdeur, proche des ocres de base. Un bec fin pointait comme un phallus hardi. Trois bandes d'appliques horizontales dessinaient autant de colliers, attachés au pouce. Les bandelettes verticales assuraient la sensuelle élégance de la jupe plissée. Les anses, larges comme des ailes, parachevaient la féminine grâce de cette révélation.

Il ne tarissait pas d'éloges sur cette autre buire dont le corps rouge si finement nervuré évoquait les peintures rituelles d'Afrique et la peau d'un initié nouba subtilement scarifié. Un chapeau pointu la couvrait, drôle de chef évasé dans lequel un doigt menu avait tracé en trois touches un visage de borgne, sorcier grimaçant des montagnes. Il aurait admis que ce génie tutélaire obturant l'ouverture délivrait le mystère de sa fascination : ces poteries sans affectation exprimaient le plus archaïque et universel besoin de sacré. Leurs panses ralliaient les idées de bedaines, de bombances païennes, de prodigalité, voire d'excès que toute société s'accorde à jours prescrits pour conjurer l'angoisse du manque et replacer sa confiance en un environnement surnaturel protecteur. Mélards obèses d'un peuple auvergnat de bouffeurs occasionnels quand il se sent assis sur des réserves. Buires de fécondité aux ventres de déesses-mères, aux cols ouverts et promis à de nombreuses délivrances. La concurrence ambiguë du bec et de la bouche - du phallus et du vagin, de l'étui pénien et des lèvres épaisses - en ferait des œuvres androgynes, complices des mythes primitifs qui se régalaient du coït fabuleux entre le ciel et la terre pour le bonheur de la création. Dans un coin isolé de sa maison : un œuf. Près d'une fenêtre basse, cerné par des murs d'un gris ancien, reposait un pot oblong, modelé dans la glaise de la genèse, dégoûtant de graisse et de scories, juste sorti du moment primordial. Un œuf, pot parfait, pure exception Un art premier, voici mon bonheur, aurait-il conclu.

••• Jean-Yves Loude